L'assiette à l'épreuve de la crise
8 avril, 28 avril, 13 mai & 23 juin 2009
Groupe de travail animé par Jean-Pierre POULAIN
Sociologue et anthropologue, Université de Toulouse-le-Mirail
Le consommateur et le prix de l'alimentaire
Quel impact de la crise sur la valeur "santé" accordée à l'alimentation ?
Vers de nouveaux usages de la table ?
Quelle place reste-t-il pour le plaisir ?
Le consommateur et le prix de l'alimentaire
Les consommateurs sont de plus en plus attentifs au prix des produits alimentaires. Les marques et labels de qualité sont moins prisés. Paradoxalement, ces comportements s'accompagnent d'une désaffection pour les « marques premiers prix », dont l'image s'est amoindrie.
Dans quelle mesure le prix est-il aujourd’hui déterminant dans les achats alimentaires ? Comment comprendre le mécanisme de perception des prix dans ce domaine ? Alors que les consommateurs sont de plus en plus sceptiques face au discours sur les prix, jusqu’où miser sur cet argument sans mettre à mal les marges de l’entreprise ? La crise va-t-elle accentuer la tension du marché entre discount et marques premium ?
Pascale HEBEL, directrice du département consommation, Credoc
Grégoire KAUFMAN, directeur commercial et marketing, Ed
Quel impact de la crise sur la valeur "santé" accordée à l'alimentation ?
Les mangeurs font de plus en plus le lien entre alimentation et santé, au risque, parfois, de ne plus savoir ce qu’ils doivent manger, face à la profusion des messages nutritionnels. Des contraintes financières s’ajoutent désormais à ce dilemme.
Le souci de la santé va-t-il rester prioritaire aux yeux d’un consommateur au pouvoir d’achat affaibli ? L’obésité, fréquente chez les populations défavorisées, risque-t-elle de gagner les classes moyennes ? Jusqu’où s’étend la responsabilité des entreprises en la matière ? Naturalité des produits, allégations « techniques »… Quelle communication santé développer face à un consommateur inquiet ?
François ATTALI, directeur marketing et innovation, Sodiaal
Thibaut de SAINT POL, sociologue, Insee
Vers de nouveaux usages de la table ?
S’il reste fortement structuré autour des repas, le modèle alimentaire français est en évolution : globalement, les Français - en particulier les jeunes générations - cuisinent moins, consacrent moins de temps à leurs repas, s’adonnent de plus en plus au grignotage, snacking, plateaux TV…
Comment décrypter plus finement ces nouvelles tendances et anticiper la façon dont la crise va les modifier, voire, les retourner ? Par exemple, les Français se remettent-ils à cuisiner (on observe un « retour de la gamelle » à midi), la restauration hors-foyer va-t-elle vers une baisse significative? A l’heure où se dessinent de nouvelles formes de sociabilité et convivialité, comment adapter l’offre alimentaire à ces évolutions ?
Claude FISCHLER, sociologue et directeur de recherche, CNRS
Florence NETZLER, directrice des études Europe, Mc Donald's
Quelle place reste-t-il pour le plaisir ?
Si le plaisir est une valeur centrale de l’alimentation française, les règles du jeu semblent se modifier. Le discours nutritionnel tend à diaboliser le plaisir, tandis que les Français semblent plébisciter les produits bruts, les recettes simples et économiques, les aliments à faire soi-même (yaourts, pain…). En même temps, on observe aujourd’hui que les nouvelles générations s’accordent, sans aucune culpabilité, certains plaisirs régressifs alimentaires.
Comment mieux comprendre le rapport complexe que les mangeurs entretiennent avec le plaisir ? Dans un contexte de crise, « l’alimentation fonctionnelle » va-t-elle devenir une vraie tendance ? Ou verra-t-on, au contraire, le plaisir s’affirmer comme une valeur « refuge » ? Quel discours des marques autour du plaisir (légitimation/réhabilitation…) ?
Jean-Pierre CORBEAU, sociologue, Université François Rabelais de Tours
Dominique SAGE, consumer knowledge manager, Nestlé France


