Compte rendu - Le campus d'entreprise, site innovant pour travailler mieux
L'Observatoire de la qualité de vie au bureau Actineo, dont l'Anvie est partenaire, a récemment organisé une rencontre consacrée aux campus d'entreprise. Cette morphologie est de plus en plus adaptée par les entreprises, qui y voient un moyen permettant d'instaurer une organisation davantage fondée sur la collaboration, et plus respectueuse de la qualité de vie des collaborateurs. Voici les premières lignes du compte rendu de cette rencontre. Bonne lecture !
Alain d'Iribarne, Président du Conseil scientifique d'Actineo
Les morphologies adoptées par les entreprises pour la construction de leurs immeubles de bureaux ne sont jamais innocentes : en effet, elles ont une signification symbolique et répondent à des enjeux de communication.
Cette morphologie peut être verticale ou horizontale. La forme du gratte-ciel par exemple vise à illustrer la relation entre le pouvoir temporel du Prince et le Ciel : l’un tient de l’autre, et réciproquement. Par ailleurs, le gratte-ciel, par sa forme phallique, vise incontestablement à symboliser la puissance. Cette « vision », qui prédomine dans les « quartiers d’affaires », qui a prévalu à New York au XXème siècle et qui est à l’œuvre actuellement à Dubaï, Kuala Lumpur… était déjà celle qui a inspiré les concepteurs de la ville de San Gimignano en Toscane à partir du XIIème siècle. La morphologie des bureaux/tour dépasse donc les simples questions de densité et de coût du foncier. Elle privilégie la verticalité des communications avec des pouvoirs descendants et un outil privilégié de circulation qui est l’ascenseur à accès sélectif…
La morphologie horizontale sous la forme de barre avec son horizontalité linéaire, est autre chose qu’une tour couchée. Elle obéit à une logique de pouvoir temporel marchand appuyée sur des échanges qui se font tout au long des espaces de circulation, mais avec une hiérarchisation qui va du centre aux extrémités des ailes.
Le campus, quant à lui, représente une horizontalité spatialement agencée sur un terrain qui comporte normalement des espaces verts : sa notion renvoie à celle du « champ ». C’est une invention universitaire qui voit le jour au XVIIIème siècle avec la création du campus de l’Université de Stanford, dans le New Jersey. Ce n’est qu’à la fin du XXème siècle que les industriels de la high tech la reprennent aux Etats-Unis sur la Côte Ouest, notamment avec Microsoft à Reno. Ils adoptent cette forme organisationnelle dans un but très clair : faciliter la coopération et la distribution du savoir.
Il n’est pas étonnant que le campus ait été adopté par ces industriels, si on considère que nous sommes entrés dans une société de la connaissance : ce qui fait la valeur de l’entreprise est sa capacité à mobiliser et même à produire de la connaissance, des savoirs créatifs qui vont faire la différence. Ils s’appuient sur des rapports de coopération, à travers des formes d’organisation du travail fondées sur la convivialité et une faible hiérarchie, laissant la place aux espaces créatifs – bref, aux espaces d’imagination. Incontestablement, les entreprises veulent dire par ce biais à leurs collaborateurs, à leurs clients, qu’elles sont entrées dans un nouveau mode d’organisation créateur de valeur (...)
Vous pouvez retrouver l'intégralité du compte rendu de cette rencontre à cette page.


