Paupérisation, assistance, travailleurs pauvres... Où en est-on vraiment?
L'autonomie des assistés
Par Nicolas Duvoux
Le titre de cet ouvrage a une apparence paradoxale, voire provocatrice. Il accole en effet une condition stigmatisée, celle d’« assisté », et une valeur reconnue et centrale dans les sociétés modernes avancées : « l’autonomie ». Le paradoxe n’est cependant qu’apparent. S’interroger sur l’autonomie des assistés revient simplement à se défaire de la prénotion selon laquelle les assistés sont passifs et dépendants, pour se demander comment des individus qui reçoivent une assistance de la part de la collectivité parviennent à faire face au stigmate et à la pauvreté.
Ce livre se présente tout d’abord comme la restitution des résultats d’une enquête de terrain menée auprès d’allocataires du RMI interrogés en Île-de-France dans les années 2000. L’auteur restitue le sens que ces individus donnent à la norme institutionnelle d’autonomie à laquelle ils sont soumis via la signature d’un « contrat d’insertion ». Comment les individus font-ils face à l’injonction à se raconter jusque dans leur intimité et à se réaliser dans leur « projet » personnel alors qu’ils sont souvent dépourvus de ressources ? Pourquoi et comment certains individus, mieux dotés que d’autres en capitaux économiques et culturels, peuvent-ils résister à l’incitation forte à rentrer dans les rangs du « précariat » ? Quelles marges de liberté les individus les plus vulnérables peuvent-ils conquérir ? En apportant des éléments de réponse à ces questions, cet ouvrage contribue à approfondir les logiques et les paradoxes de l’insertion des populations qui dépendent des services sociaux pour leur survie. Il constitue en cela une référence incontournable aussi bien pour la réflexion que l’action dans ce domaine.
Puf, collection Le lien social
La paupérisation des Français
Par Denis Clerc
Chômage, donc baisse de revenus, emplois précaires, endettement, perte de confiance en l’avenir… sont-ils les signes d’une véritable paupérisation des Français ? et si oui, qui menace-t-elle ? Alors que se forme un groupe de « travailleurs pauvres », les remparts traditionnels des classes moyennes contre la pauvreté – niveau d’études, emploi – suffisent-ils encore à garantir leur niveau de vie ? à les protéger d’une dégringolade sociale dont les médias se font l’écho ?
Autant de questions cruciales auxquelles répond l’économiste Denis Clerc, conseiller de la rédaction du mensuel Alternatives économiques dont il fut le fondateur.
Armand Collin
La France des travailleurs pauvres
Par Denis Clerc
On a longtemps pensé que l'emploi était le remède à la pauvreté. Ce n'est plus le cas. La multiplication des emplois à temps partiel ou des " jobs " temporaires entrecoupés de périodes de chômage a fait plonger dans la pauvreté nombre de travailleurs et leur famille. Contrairement à ce qui se passait il y a encore une quinzaine d'années, ce n'est plus l'insuffisance d'emplois qui engendre la pauvreté, mais la mauvaise qualité des nouveaux emplois. Dans ses efforts pour stimuler l'emploi, l'État a sacrifié la qualité à la quantité et aggravé le problème au lieu de le réduire.
Or le pays a besoin d'emplois " pour de vrai ", pas d'emplois au rabais s'il veut faire face aux défis de la crise, à la remontée du chômage et au vieillissement. Cela suppose un gros effort en matière de formation et de requalification de tous ceux que le marché a marginalisés. Le RSA - revenu de solidarité active -, utile pour permettre aux travailleurs pauvres de vivre dignement, ne doit pas devenir le moyen de pérenniser le mauvais emploi.
Pluriel


