Revue d'ouvrages - Deux analyses de la crise de la confiance de la jeunesse vis-à-vis de son avenir
Parmi tous les facteurs de préoccupation qui nous assaillent (crise mondiale, risque environnemental, etc.), il en est un qui ne doit pas passer inaperçu et devrait même retenir prioritairement l’attention : la jeunesse française témoigne d’un pessimisme, d’un manque de confiance en l’avenir et d’une résignation qui tranchent complètement sur ce que l’on constate ailleurs.
À qui la faute ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Dans notre « modèle » français tant vanté, qu’est-ce qui parvient ainsi à casser la jeunesse ? Comment les choses se combinent-elles, entre crise globale et ratés spécifiques du système éducatif, entre, ici, « jeunisme » démagogique et, là, passéisme profond ? Pourquoi les jeunes eux-mêmes pensent-ils et agissent-ils, si souvent, au rebours de leurs intérêts réels ?
Olivier Galland nous offre une analyse à la fois équilibrée, nuancée et parfaitement décapante de ce marasme national, et définit des pistes concrètes novatrices pour rouvrir à la jeunesse, et donc au pays lui-même, la voie de l’avenir.
Olivier Galland, directeur de recherches au CNRS, membre du Groupe d’Étude des Méthodes de l’Analyse Sociologique (GEMAS), est spécialiste des questions de jeunesse et a notamment publié chez Armand Colin Sociologie de la jeunesse (2007, 4º édition).
Les jeunes Français ont-ils raison d'avoir peur ?
Olivier Galland
Armand Collin, 2010
Déclassement : le mot est aujourd'hui sur toutes les lèvres et sous toutes les plumes Mais, au-delà de son caractère incontournable, il recouvre deux réalités bien distinctes. La plus évidente a trait aux ruptures qui conduisent des individus à voir leur position se dégrader La deuxième est encore plus décisive : c'est la peur du déclassement. Cette angoisse sourde, qui taraude un nombre croissant de Français, repose sur la conviction que personne n'est " à l'abri ", que tout un chacun risque à tout moment de perdre son emploi, son salaire, ses prérogatives, en un mot son statut. En rendant la menace plus tangible, les crises portent cette anxiété à son paroxysme. Source de concurrence généralisée et de frustrations, la peur du déclassement est en train de devenir l'énergie négative de notre société. A partir de ce constat, Eric Maurin fonde une sociologie des récessions et propose une lecture radicalement neuve de la société française, tout en aidant à repenser les conditions de sa réforme.
Eric Maurin est directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris. Il a publié aux Editions du Seuil l'Egalité des possibles (2002), Le Guetto français (2005) et La Nouvelle Question scolaire (2007).
La peur du déclassement. Une sociologie des récessions
Eric Maurin
Editions du Seuil - La République des Idées, 2009
Ci-dessous, un entretien vidéo avec Eric Maurin.
Qu'est-ce qui différencie le déclassement et la peur du déclassement ?
Les récessions augmentent-elles la peur du déclassement ?
Le déclassement des diplômés est-il une réalité ?
La peur du déclassement aggrave-t-elle les blocages de la société française ?


